Anna Karénine – Tolstoï

Parce que quand je lui avais demandé « Quelle est la plus belle histoire d’amour que tu aies jamais lue ? » une amie m’avait répondu « Celle de Levine et Kitty dans Anna Karénine », cette même amie m’a gentiment prêté le livre et moi aussi, je me suis éprise un peu de ce couple.

Les seules images que j’ai trouvées pouvant illustrer étant tirées de films que je n’ai pas encore regardés, je m’abstiendrai d’en mettre.

Anna Karénine, j’ai adoré. Anna Karénine, j’ai abhorré. Subtil génie des règles de notre graphies. Quand j’ai essayé de présenter rapidement ces huit cents pages à mon mari, il a fini en haussant les épaules « C’est Amour Gloire et Beauté ton truc quoi » Mince. J’avais transmis si peu de la passion que j’avais éprouvée en lisant ce livre ? Flûte de zut, comment m’y étais-je prise ?  Tout simplement en prenant au coeur de l’histoire cette fameuse Anna Karénine.

L’histoire en elle-même m’a un peu déroutée au départ : déjà, les noms russes auxquels je n’étais pas encore habituée; et puis tous ces surnoms. Les relations. La vie mondaine et les us et coutumes. C’était pour moi un vrai bain de Russie, pays où je rêve d’aller, mais en toute Emma que je suis, j’irai et me rendrai compte que les siècles ont fait leur oeuvre ; tout comme je me plains de n’avoir existé au XVIème. Digressions.

Fascinée par la langue, les lieux, la Manière pétersbourgeoise ou moscovite, fascinée par les aventures de tant de personnages, je me suis retrouvée prise dans ma lecture à ne plus pouvoir en décrocher. Je n’avais pas envie que ça se termine. J’aurais voulu cheminer avec tout cet univers encore des heures. Mais c’est quand même à bout de souffle que j’avais envie de voir se taire cette Anna. Elle m’était insupportable à sa première apparition, hautaine, et profiteuse. Elle m’a parue calculatrice et mauvaise par la suite. Malade et franchement énervante enfin. Et je l’ai eue en pitié, comme les autres personnages, avant son déclin ultime. Non vraiment, présenter cette histoire en me concentrant sur Anna et sur le Mal qu’elle a déversé que je ne crois pas être malgré elle.

En même temps, elle a sans doute la palme dans les personnages car c’est elle qui m’a fait ressentir le plus d’émotions en lisant. Elle a maintenu ma lecture dans une vivacité étonnante, elle a provoqué en moi des réactions, et chacune des situations tristes ou heureuse des personnages (comme ces initiales délicatement tracées à la craies dont j’enviai le courage, la poésie, et l’Amour !) m’ont transportée. Les univers qui s’entrechoquent, les évènements que l’on souhaite et qui finissent ou non par arriver, les dénouements que l’on guette, les naissances, les morts, tout ce concentré de vie m’a vraiment séduite !

J’espère regarder prochainement les adaptations pour vous dire combien j’en suis triste 😀

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Anna Karénine – Tolstoï

La Reine du Niagara, Chris Van Allsburg

Je suis tombée aujourd’hui sur l’article de Bookerdose au sujet de Violette Nozière : Violette Nozière est une femme, française, elle est née il y a 99 ans et sa vie a été pleine de rebondissements ! Parricide, elle a été graciée par Charles de Gaulle en 1945. Vous la connaissiez ? Moi, pas du tout ! (c’est fort dommage vu l’oeuvre qui lui a été dédiée par les Surréalistes) Et c’est le point commun qu’il existe entre Violette et Annie, héroïne de cet album de Chris Van Allsburg.

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C’est l’histoire surprenante de Annie Edson Taylor ! Vous ne la connaissez pas ? C’est pourtant l’unique femme et la première dingue de notre planète à avoir entrepris la descente des chutes du Niagara ! Et pas dans n’importe quel vaisseau ! Annie est née en 1838 et est une véritable casse-cou. Elle a d’abord été enseignante, mariée, mais veuve très rapidement ; bien des années plus tard elle met au point ce projet insensé et réussit son exploit. Malheureusement, tout l’argent gagné par sa notoriété, ses interviews, le Nom qu’elle s’était forgé, fut détourné par son manager. Elle meurt dans la pauvreté et l’oubli.

Chris Van Allsburg est un maître du fantastique dans la littérature de jeunesse et ces albums ne passent généralement pas inaperçus ! Une note à l’attention du lecteur est placée à la fin du livre et présente son héroïne et son projet de raconter une histoire vraie. Pour lui, son entreprise a – comme pour les héros de papier qu’il a créés – quelque chose je cite de  » fabuleux et d’un peu irréel  » Annie, bien que ne vivant pas au milieu d’une jungle digne de Jumanji ou à bord d’un Polar Express, prend parfaitement place dans son Oeuvre.

Je vous le recommande vivement 🙂

Voici quelques photos de la véritable Annie Edson Taylor :

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La Reine du Niagara, Chris Van Allsburg

Entretien avec un vampire, Anne Rice

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Il y a quelques temps déjà, j’ai visionné le film. Récemment, on m’a prêté le livre et je l’ai fait durer… durer… je n’avais vraiment pas envie qu’il s’arrête un jour. En regardant un peu le pourquoi du comment Anne RICE avait écrit ce livre, les idées que je me suis faites au cours de ma lecture sont devenues plus précises et confirmées. 

*

Louis, personnage principal de cette oeuvre, « vit » après avoir quitté sa vie de mortel une véritable quête d’identité. Bien plus humain qu’il ne l’était avant d’appartenir au monde de la nuit, son histoire pourrait se résumer ainsi : qui je suis ? que suis-je dans ce monde ? quels sont mes semblables ? puis-je aimer et l’être en retour ? qu’est-ce que la mort ? Cette quête est suave, imprégnée par des sens constamment exacerbés, les sons, les sensations tactiles, l’ouïe, la vue et ce goût que nous autres mortels ne connaîtrons jamais, ce mélange de désir, de passion, de fureur, apogée de la vie quand on ôte celle de celui dont on boit le sang jusqu’au dernier frémissement de ses veines. Louis est aussi à l’image de son siècle, désabusé, plein de questions, déprimé et en proie à un mal-être impossible à soigner.

*

Qui suis-je ? Est-ce que je me connais vraiment ? Quelles sont mes désirs ? Puis-je y répondre ? Est-ce que les autres me connaissent mieux que ce que je crois connaître de moi ? Une fois engendré par Lestat, vampire séduisant aux yeux d’un Louis mortel, Louis perçoit le monde et se perçoit lui-même tout à fait différemment. L’exacerbation de ses sens lui permet d’acquérir une conscience supérieur sur sa vie et sur les évènements qui l’ont mené à choisir d’abandonner à tout jamais sa vie de mortel.

Qui suis-je dans ce monde ? Et pourquoi celui qui m’a fait ne peut pas y répondre ? C’est une question que, portés par la vie, ses rebondissements, ses imprévus, ses chances aussi, tout mortel ne se pose pas forcément. A-t-on jamais vu une nation entière se tourner vers sa Mère et le lui demander un jour ? Tout le monde passe-t-il par cette remise en question, cette volonté de secouer ceux qui nous ont donné la vie (ou la mort pour Louis), les mettre en cause, les rendre coupables de notre ignorance ; jusqu’à ce que l’on se rende compte qu’ils n’ont pas les réponses pour nous ?

Qui sont mes semblables ? Louis se cherchent, les cherchent, cherche un miroir dans lequel se regarder. Connais tes amis tu te connaîtras toi-même. Possible. Peut-être que non. C’est cette quête qui l’amène en Transylvanie où il rencontre d’autres vampires, parfaitement semblables à lui, mais sans âme. C’est la frayeur : Louis se demande pourquoi ils sont différents. Il se demande pourquoi – lui – est si différent. Ses pas le mèneront jusqu’à Paris où il rencontrera Armand, Armand, ce séduisant vampire pour lequel ses sens s’excitent, et s’il avait un cœur de mortel nous pourrions dire pour qui son cœur bat la chamade. Mais il n’en est rien : la passion d’avoir trouvé un alter ego est bien plus forte que tout ce que l’on pourrait écrire. Son double, celui en qui il trouve les réponse, celui qui le révolte, le pousse dans ses retranchements, le malmène et l’aime à la fois. C’est une passion dévorante et insensée qui brise tout ce à quoi Louis croyait tenir et qui font de lui l’être révélé qu’il cherchait en lui depuis le début.

Puis-je aimer et être aimer en retour ? Cette question reste suspendue. Louis ne se demande pas forcément ce que c’est que l’Amour. Il est à l’écoute de ses sensations et des sentiments provoquées par ses différentes liaisons. L’Amour qui l’a attiré auprès de Lestat l’empoisonne car il en est changé à tout jamais et il est révolté. L’amour impossible avec Babette à qui il n’ose montrer son vrai visage et lui cause du tourment avec ses mystères et ses méfiances. L’amour passion qu’il voue à Claudia, petit être vampire empli de colère qui ne grandira jamais, amour filial démesuré qui le tourmente et le pousse à tuer une tribu entière de vampire. Pour finir par cet amour amoureux pour Armand plein de folie et de tendresse, un Armand prêt à tout pour obtenir l’objet de ses désirs et dont la ferveur fera de Louis un être tristement désabusé par ce sentiment trop humain. 

Qu’est-ce que la mort ? La mort de soi dans les moments les plus douloureux, la mort d’êtres chers dont on croit être à l’origine, ou la mort de nos excès de folie. L’âme subsistera, tâchée, pervertie, meurtrie, annihilée aussi, après toutes ces épreuves et feront de nous des choses marquées et transformées, sans que nous puissions faire marche arrière et retrouver cette part d’innocence volée.

*

Ainsi, je crois, que bien plus qu’une simple histoire de vampires, cette oeuvre propose une réflexion sur la quête de son soi intérieur, son image, ses peurs, ses questions, comme un récit initiatique de plusieurs décennies que nous, simples mortels, ne pouvons mener à son terme. Survivre aux épreuves, survivre aux changements, se découvrir dans les relations qui nous font et ne pas croire que tout soit acquis et bien ordonné dans un monde en perpétuel changement.

Peut-être continuerai-je avec la suite des Chroniques d’un Vampire mais je pense que ce livre a été capital dans la construction de l’auteur et que le reste sera beaucoup moins imprégné de sa vie et de ses douleurs. Peur d’être déçue 🙂

Entretien avec un vampire, Anne Rice

Contes – Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

C’est au début du XIXème siècle d’Hoffmann écrit des contes fantastiques. On dit qu’il inspira le Fantastique. Voici quelques impressions suite à la lecture de quelques uns de ses contes :

L’Homme au Sable

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«  C’est ta croyance en leur pouvoir ennemi qui peut seule les rendre puissante  » Sommes-nous pantins de nos propres peurs, des chimères que l’on se crée ? qui s’imposent à nous, qui s’ancrent dès notre plus jeune âge pour mieux resurgirent à un moment où la faiblesse nous étreint ? Et si notre folie n’était due qu’à nous même ?

Nathanaël en fait l’épreuve douloureuse et passionnante. Si plus jeune il est victime de scènes qu’il n’aurait pas dû voir, avec ses yeux d’enfants, avec ces yeux qui le poursuivront dans sa détresse, arrivé à l’âge adulte il écrit les prémices d’une démence naissante qu’il ne comprendra peut-être jamais. Son aimée Clara est traitée d’ « automate » car elle est froide et insensible selon lui. Quid de cette somptueuse femme, Olympia, qui entre dans sa vie ? Comment déplace-t-il cet amour meurtri et subi dans ce véritable pantin de bois ? N’a-t-il pas ancré sa chute en faisant lui-même des choix, en prenant seul des chemins qui le conduisaient inéluctablement à la réminiscence de ce qu’il croit vouloir oublier ?

Les yeux, ses yeux, ceux de son père, d’Olympia et de Coppelius/Coppola ; que nous disent-ils ? Il y a ceux qui tombent, dont le regard est vide et ne se posera plus jamais sur nous, qui laisse transparaître ce qu’il y a derrière, un vide morbide. Et ceux qui restent qui transpercent qui vont au-delà des apparences, qui cherchent trop et se perdent, ces yeux qui font mal qui font souffrir et qu’on espère voir disparaître comme ceux de ceux qui nous ont aimé et que l’on a perdu. Et quand la démence devient trop forte, quand – trop fragile – on ne peut soutenir ni les yeux ni la vie automate, sombrer est-il le seul moyen de s’en sortir ?

Un conte qui m’a captivée, je vous le recommande. Quelques illustrations originales ICI.

Casse-Noisette et le Roi des Souris

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Qui a bien pu me mettre dans la tête que Casse-Noisette est un joli petit jouet, souriant, habillé en soldat, que l’on met à Noël au sapin, et qui dans le conte est un gentil personnage étincelant ? En réalité, le visage de Casse-Noisette n’a rien de séduisant et il fait plutôt peur. On raconte qu’un brave jeune homme, le neveu de Drosselmeier, a été transformé par l’affreuse Dame Souris, Dame Mauserink, et qui lui donna une apparence tout à fait grotesque. Enfin, c’est ce que le vieux parrain raconte en ce soir de Noël. Mais qui mieux qu’une petite fille, des étoiles plein les yeux, pour aimer ce vilain bonhomme, son Histoire, et faire de lui son ami en cette nuit de l’Hiver ?

L’armée des Souris n’a rien de folichon non plus. C’est une VRAIE armée. Avec le son et la rage. C’est un attaque violente qui peut effrayer n’importe quel enfant. Comment a-t-on pu rendre toute cette histoire gentillounette ? Pourquoi a-t-on gâché le caractère tonitruant, laid, et violent de ce combat à mort ? Je suis pour l’accès aux jeunes enfants à la littérature mais je pense que l’on a bien trop dénaturé l’oeuvre première de Hoffmann.

C’est pourquoi, plutôt que de tout gâcher à vous raconter la véritable histoire de Casse-Noisette, je vous invite à le lire. Bonne lecture !

Le Violon de Crémone

 

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En cherchant le sens profond de ce conte dans lequel je me sentais perdue, je suis tombée sur le genre de question que l’on pourrait poser à des collégiens qui liraient Hoffmann. Cette aventure sur la Toile me rappela mes douloureuses années en faculté de Lettres où nous découpions les œuvres, torturions les vers, saccagions les sonnets, effacions toute beauté des mots, confondions chirurgie et plaisir de la Lecture. J’ai mis longtemps avant de pouvoir L I R E. Pendant de nombreuses années, je n’ai pas L U j’ai D E C O R T I Q U é . J’ai massacré des pages et des pages pour le plaisir de Sauvages qui se veulent être Professeur. Quel est l’intérêt des questions que l’on nous pose ? Parfois ils aiguisent notre attention, nous permettent de créer des liens entre les œuvres, nous tirer un sourire quand on comprendre comment l’auteur à réussi à nous amener à tel endroit ; parfois ils meurtrissent nos yeux, ils nous couvrent du voile absurde de la Science des Lettres, ils taillent à grands coups de scalpel des textes magnifiques pour nous les faire ingurgiter en attendant fermement qu’ils ne nous ressortent pas par grands jets de vomis littéraire mais dans de savantes dissertations scolaires sans âme.

Cette digression est bien malvenue pour vous parler de ce conte. Ce propos conviendrait d’ailleurs à n’importe quel livre. Le Violon de Crémone est une histoire de passion et de possession; de volonté de protéger, de vivre heureux « vivons cachés » et de la douloureuse et étrange maladie d’un cœur aimant mais tourmenté. Je n’ai pas réussi à percer le mystère de la mort d’Antonie, ni à apprécier les allers-retours présent-passé, je n’ai donc pas du tout accroché. Peut-être qu’avec une autre version j’adhérerai davantage ? Avez-vous lu celle-ci ?

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Les mines de Falun

 

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J’ai particulièrement aimé cette nouvelle entourée d’une aura mystérieuse, comme s’il s’agissait d’une véritable légende ! C’est l’Histoire d’un Amour qui perdure au-delà de la disparition, de deux cœurs reliés par l’immense Alchimie de la Passion ! J’aime ces histoires dingues où la Vie et la Mort se jouent complètement des règles et laissent entretenir à deux amants fous amoureux une relation d’attachement et de dévouement qui ne connaît aucune limite ! J’aime à penser que jamais rien ne peut séparer deux cœurs qui se sont voué un amour ! Bref si vous êtes aussi fleur bleue que moi ( 😀 ) ( non c’est pas vrai je ne suis pas tout le temps fleur bleue en réalité ) ; je vous le conseille ! (Quelques notes des gens qui ont visité les mines ICI – ça va avec la photo ci-dessus d’une Guide qui est justement DANS les mines de Falun en Suède)

Il restait bien encore quelques contes à vous présenter mais je trouve l’article déjà assez long (et indigeste même si ce n’était pas mon intention). L’Homme au Sable fait partie des contes que je lis pour mon Auto-Challenge  » Avant les Robots  » 

Contes – Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

Chlore & Froissements de nuits – Karin Serres Dominique Paquet

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C’est une oeuvre qui m’a attirée, un court extrait qui a attisé ma curiosité, un nom qui a suscité mon envie de découvrir. Dominique Paquet, auteur des Escargots vont au ciel ou encore de Son parfum d’avalanche, écrit pour la jeunesse des sujets qui sont pour moi « sensibles ». Ici, elle parle de la vie, du handicap des sensations et de la Mort inéluctable.

Ils sont deux, Rocco, qui ne voit pas, Aïda, qui n’entend pas. Ils partagent l’expérience de leurs sens, de ceux qu’ils ont et qui leur permettent de « toucher le monde ». Quid du silence qui l’envahit quand les bouches se détournent ? Quid de l’équilibre quand autour de lui tout s’agite ? Comment aimer quand on n’entend ou ne voit et comment l’être en retour ? Cette question de l’amour du monde avec les sens qui nous reste m’a touchée. Moi qui vois, entends, sens, goûte et touche à loisir n’est été privée qu’à de rares occasions des plus banals capacités humaines – surtout la marche. Et j’ai terriblement mal vécu ces épisodes d’immobilité ou de douleur en éprouvant le quotidien d’une personne privée de ses jambes. Comment aurais-je vécu si j’en avais toujours été privée ? Aurais-je la rage d’Aïda ou la quête de poésie de Rocco ?

C’est un livre que je recommanderai. Malheureusement, les éditions Monica Companys ont publié de façon peu rigoureuse l’oeuvre : une faute dans la quatrième de couverture et des tas de fautes de frappe, d’orthographe, un peu partout dans le livre qui agresse les yeux. Je suis terriblement déçue, cela gâche la lecture.

Chlore & Froissements de nuits – Karin Serres Dominique Paquet

Moi, un lemming, Alan Arkin

Lemmus norvegicus - Naica animales salvajes - Lemming

 

C’est l’histoire d’un Lemming. Autant vous prévenir tout de suite, le titre choisi pour la version française est vraiment décevant. En réalité, le titre anglais est  » Lemming Condition » et il va bien mieux. En lisant le titre en anglais, je me suis fait un parallèle avec l’expression « La condition humaine » et peut-être cela a-t-il influencé ma lecture ? , toujours est-il que l’histoire de ce petit Bubber m’a surprise et m’a terriblement fait penser à la condition humaine, ses us, ses côtés pervers et sa chute inéluctable.

Bref. Au départ je l’ai lu parce que mes élèves allaient l’avoir dans leur Rallye Lecture. Et petit à petit je me suis sentie terriblement concernée par les épreuves et les questions de Bubber. Pourquoi doit-on faire parce que c’est comme ça qu’on fait ? Pourquoi reste-t-on ancré dans des coutumes parce que ce sont nos coutumes ? Pourquoi est-ce qu’on passerait pour un seul-au-monde parce qu’on refuse de se soumettre à la destinée qu’on a écrite à notre peuple ? Pourquoi se retrouve-t-on en marge si on veut faire bouger les mentalités et évoluer les moeurs ?

Petit roman, rapide à lire, promettant si vous le voulez bien une grande réflexion sur la grande Histoire Humaine !

« Les lemmings faisaient quelque chose et il était un Lemming ! »

« Ils sont connus pour ça » [les corbeaux]

« … sentiment de solidarité avec sa race, un semblant d’ordre »

Moi, un lemming, Alan Arkin

Ad vitam AEternam – Thierry Jonquet ( + à propos de von Hagens)

Remporté lors d'un "jeu de piste" pour enterrement de vie de célibataire. A faire tourner aux autres membres de l'équipe :)

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Si vous prenez la 4ème, vous lirez que l’auteur est réputé pour son talent en matière de « roman noir » et que, de plus, ce roman « flirte avec le fantastique sans tomber dans le maniérisme » (dixit Lire). Bien. Ca avait l’air tentant dit comme ça et si ça se trouve nombre d’entre vous ont apprécié ce livre. Moi, non.

« Fantastique« . Le fantastique est une brèche dans le réel, des évènements étranges qui font qu’un univers tout à fait réaliste vacille ; le lecteur est perdu : s’il choisit d’adhérer, on tombe dans la science fiction admettons et s’il se dit que le personnage délire, on reste dans le réaliste. J’ai dit lecteur ? Je confirme Lecteur. Ici tout ce qui peut être « fantastique » réside dans ce que vit le personnage principal (d’ailleurs quel est le curieux personnage qui a choisi cette couverture, sérieux ? Est-ce qu’il a lu autre chose que le résumé ? Non parce que l’héroïne a beau bosser dans un salon tatoo-piercing, elle n’a AUCUN trou sur le corps figurez-vous. Donc ça serait sympa de lire le premier chapitre avant de coller une photo en couverture…)

Bon. L’histoire en elle-même est aussi peu palpitante qu’un banal Levy (Marc of course. Désolée je trouve que les livres de ce charmant auteur passent le temps dans le train pour le lambda moyen mais il ne satisfait en rien mes exigences :/ j’ai essayé ! Juré ! Mais je trouve ça pauvret) Donc je disais que si vous lisiez un Levy, vous pourriez tout à fait lire les mêmes 350 pages en quelques heures.

Je ne dévoile pas tout pour la future mariée qui lira certainement ce chef d’oeuvre 😀 (Ah si si Mathilde t’as pas le choix :D) mais sachez que je le résumerai ainsi : histoire banale, héroïne à vie banale avec son petit traumatisme qui la distingue, super héros sans cape et sans épée, intrigue parallèle qui se recoupe FORCEMENT avec la p’tite héroïne, des scènes de la vie courante ou de la vie intime, une capture, des secrets dévoilés. Mert’ je vous parlerai des 50 Nuances ou d’un Twilight je suis sûre que je résumerai pareil quoi >_<

A ceci près ! J’aurais au moins découvert un artiste (merci pour l’intrusion surnaturelle de références culturelles étranges et passionnantes qui font que ok… ok… vous écrivez quand même un peu mieux que les autres parce que vous êtes curieux de culture M. Jonquet). Parce que le super héros est « fasciné » par la Mort (je ne peux pas trop vous en dire plus, ce n’est pas un psychopathe, c’est un croque-mort un peu… aeternel 😀 ), l’auteur en profite pour introduire quelques éléments de réalité à découvrir si on est un tant soit peu curieux (… de vérifier si y’a pas quelque chose à sauver du bouquin). Voici quelques noms cités furtivement avant d’arriver à l’artiste dont je voulais parler : (merci Wiki)

Hérophile

Hérophile a été un des pères de l’anatomie et a fondé l’école médicale d’Alexandrie. Il a été le premier à faire systématiquement des dissections de cadavres humains. Il a étudié le trajet des artères et les étapes de l’accouchement notamment.

Dioclès

C’était un médecin grec. Il a écrit notamment au sujet des fièvres, les maladies des femmes, les bandages, l’hygiène etc.

Claude Galien

Après de nombreuses études, il se dirigea lui aussi vers la médecine (oui parce que le livre parle du ralentissement du vieillissement dans la société actuelle etc) Il a effectué des opérations du cerveau, de l’œil. Il a été confronté à la peste antonine.

Mondino dei Liucci

Médecin italien spécialiste de l’anatomie et auteur d’un manuel destiné à enseigner la dissection humaine.

André Vésale

Vous allez beaucoup en entendre parler en lisant le livre ! Il est considéré comme le plus grand anatomiste de la Renaissance. Alors à moins que Thierry Jonquet se soit contenté de Wiki comme je le fais, mais il raconte la même anecdote à propos du gibet de Montfaucon (tu voulais que je te raconte aussi lecteur ? 😀 Eh ben non, cherche un peu toi aussi :p)

Bref tout ça pour arriver à l’exposition de….

Gunther von Hagens                 Gunther von Hagens

Qui est-il ? (Wiki : ) C’est un anatomiste allemand, inventeur de la plastination, une technique visant à conserver des corps ou des parties d’êtres décédés. Il est à l’origine de Body Worlds (Körperwelten en allemand), une exposition sur des corps ou des parties de corps humains qui ont été plastinés.

Et comment le souligne Wiki, je me demande : a-t-on le droit d’exhiber des corps de personnes décédées ? La mort peut-elle être un prétexte à l’Art ? Peut-on montrer sans toucher à la pudeur de l’être qui l’a habitée la peau délivrée de tout liquide vivant ? Et moi quand je regarde l’exposition, comment ai-je le droit de me sentir ? Ai-je le droit d’être écœurée ? Ai-je le droit de me sentir gênée et de penser à mon propre corps une fois que mon esprit ne sera plus ? Est-ce que cette exposition nous secoue parce qu’il nous renvoie notre impuissance dans cette enveloppe charnelle ? Est-ce qu’elle nous invite à nous poser trop de questions ? Ou est-ce qu’elle me rebute parce que je suis d’une pudeur sans nom ?

Quelques photos à partager :

461(3)  BodyWorlds Body Worlds Exhibition To Open In Berlin

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Ad vitam AEternam – Thierry Jonquet ( + à propos de von Hagens)

Justine ou comment Ana est finalement bien tombée !

Digression nécessaire pour comprendre érotisme / porno. Tu peux sauter jusqu’au trait de séparation si ça te saoule, lecteur !
/!\ -18 ans =)

Vous voilà après la Révolution, détenant entre vos mains le livre le plus érotique qu’il ait jamais été écrit. Erotique ? Non, Wikipédia, tu te trompes ou alors tu ne l’as pas bien lu. Ou alors encore nous n’avons pas la même définition de l’érotisme. Considères-tu que les Cinquantes Nuances sont teintées d’érotisme ou que c’est un bon gros porno pour celles qui manquent de piment dans leurs jeux sexuelles ou les frustré(e)s ? (Chers lecteurs, comme tu le constates, je n’ai pas du tout aimé cette trilogie. Je n’ai pas frétillé et le coup du « ta fille aime déjà le sexe » à la fin me laisse sans voix – allons, allons, ne me dis pas que tu te sens spolié (e) après cette révélation ? tu lisais vraiment pour savoir comment ça allait se terminer ? à d’autres !)

Revenons à notre mouton. Selon ta propre définition, Wikipédia, l’érotisme c’est ce qui « désigne l’ensemble des phénomènes qui éveillent le désir sexuel ». Quand Ana se fait prendre, qu’elle a un plug anal, qu’elle parle de sa « chatte », tu vas me dire que cela éveille le désir sexuel ? Tu fais d’ailleurs le débat érotisme/pornographie toi-même et franchement, les prises abracadabrantesques d’Ana me font plus penser à une  « représentation d’actes sexuels ayant pour objectif d’exciter sexuellement le spectateur » et c’est ce que tu écris pour pornographie.


Bref tout ça pour dire que – Non ! – Justine n’est pas une héroïne dans un roman érotique. Ou alors il faut souffrir d’une grosse dose de frustration ou de perversion pour que les différentes scènes suscitent une envie orgasmique chez le lecteur. Voyez-vous, Justine est une pauvre malheureuse vierge, un peu comme Ana. Sauf qu’elle ne tombe pas sur un Largo Winch dominateur, non. Justine tombe sur une avalanche de détraqués et si elle essaie de clamer au départ qu’elle souhaite garder sa vertu, on ne peut pas dire que ce soit d’une grande efficacité.

Imaginez-vous toujours après la Révolution. Vous avez dans les mains la plus grande encyclopédie psychologique de toutes les pathos sexuelles possibles et inimaginables. Vous avez celui qui aime défleurir, vous avez le gang des curés qui vivent au milieu d’un harem de victimes et dont ils jouissent par mille et un objet en plus de leurs phallus, vous avez aussi la bande de voleurs qui ne rechignent pas à un petit trou qui passe, vous avez le micro-zizi-man qui déteste les femmes et mutile son épouse en jouissant du spectacle entourés de jeunes hommes, les libertins fans du chemin boueux, les accros au pipi, vous avez aussi le riche qui se paie des petites filles (pas des jeunes filles, non, des « petites » !) et qui les revend dans le Sud de la France après les avoir consommées. Alors, vous trouvez ça érotique vous ?

Bref, je m’étais dit qu’un jour je lirai franchement un « Marquis de Sade » pour voir s’il était vraiment aussi « Sadique » que ça. Je dirai que c’est un fin observateur de la sexualité décalée.

En tout cas, sa sœur qui elle s’est prostituée, a tué son premier mari, et toutes les autres choses, finit dans les hautes sphères de la société. Est-ce que ce livre invite VRAIMENT à la vertu, franchement ? Est-ce qu’il ne pousse pas une lectrice avertie à contourner les voies les plus pieuses qui conduisent inéluctablement à la déchéance, la violence, la honte, la douleur et la mort ; pour devenir une figure importante dans la société par mille et une malversations ?

Bref, si vous êtes curieux, c’est assez épatant de lire autant de scènes de sexe barbares dans une langue aussi soutenue ! Si vous n’êtes pas curieux, ce n’est pas grave, l’histoire en elle-même ne m’a pas franchement marquée. Quelques gravures pour ne pas vous donner l’eau à la bouche. Mes excuses par avance.

photos prises sur http://utpictura18.univ-montp3.fr/ 

Justine ou comment Ana est finalement bien tombée !