Contes – Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

C’est au début du XIXème siècle d’Hoffmann écrit des contes fantastiques. On dit qu’il inspira le Fantastique. Voici quelques impressions suite à la lecture de quelques uns de ses contes :

L’Homme au Sable

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«  C’est ta croyance en leur pouvoir ennemi qui peut seule les rendre puissante  » Sommes-nous pantins de nos propres peurs, des chimères que l’on se crée ? qui s’imposent à nous, qui s’ancrent dès notre plus jeune âge pour mieux resurgirent à un moment où la faiblesse nous étreint ? Et si notre folie n’était due qu’à nous même ?

Nathanaël en fait l’épreuve douloureuse et passionnante. Si plus jeune il est victime de scènes qu’il n’aurait pas dû voir, avec ses yeux d’enfants, avec ces yeux qui le poursuivront dans sa détresse, arrivé à l’âge adulte il écrit les prémices d’une démence naissante qu’il ne comprendra peut-être jamais. Son aimée Clara est traitée d’ « automate » car elle est froide et insensible selon lui. Quid de cette somptueuse femme, Olympia, qui entre dans sa vie ? Comment déplace-t-il cet amour meurtri et subi dans ce véritable pantin de bois ? N’a-t-il pas ancré sa chute en faisant lui-même des choix, en prenant seul des chemins qui le conduisaient inéluctablement à la réminiscence de ce qu’il croit vouloir oublier ?

Les yeux, ses yeux, ceux de son père, d’Olympia et de Coppelius/Coppola ; que nous disent-ils ? Il y a ceux qui tombent, dont le regard est vide et ne se posera plus jamais sur nous, qui laisse transparaître ce qu’il y a derrière, un vide morbide. Et ceux qui restent qui transpercent qui vont au-delà des apparences, qui cherchent trop et se perdent, ces yeux qui font mal qui font souffrir et qu’on espère voir disparaître comme ceux de ceux qui nous ont aimé et que l’on a perdu. Et quand la démence devient trop forte, quand – trop fragile – on ne peut soutenir ni les yeux ni la vie automate, sombrer est-il le seul moyen de s’en sortir ?

Un conte qui m’a captivée, je vous le recommande. Quelques illustrations originales ICI.

Casse-Noisette et le Roi des Souris

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Qui a bien pu me mettre dans la tête que Casse-Noisette est un joli petit jouet, souriant, habillé en soldat, que l’on met à Noël au sapin, et qui dans le conte est un gentil personnage étincelant ? En réalité, le visage de Casse-Noisette n’a rien de séduisant et il fait plutôt peur. On raconte qu’un brave jeune homme, le neveu de Drosselmeier, a été transformé par l’affreuse Dame Souris, Dame Mauserink, et qui lui donna une apparence tout à fait grotesque. Enfin, c’est ce que le vieux parrain raconte en ce soir de Noël. Mais qui mieux qu’une petite fille, des étoiles plein les yeux, pour aimer ce vilain bonhomme, son Histoire, et faire de lui son ami en cette nuit de l’Hiver ?

L’armée des Souris n’a rien de folichon non plus. C’est une VRAIE armée. Avec le son et la rage. C’est un attaque violente qui peut effrayer n’importe quel enfant. Comment a-t-on pu rendre toute cette histoire gentillounette ? Pourquoi a-t-on gâché le caractère tonitruant, laid, et violent de ce combat à mort ? Je suis pour l’accès aux jeunes enfants à la littérature mais je pense que l’on a bien trop dénaturé l’oeuvre première de Hoffmann.

C’est pourquoi, plutôt que de tout gâcher à vous raconter la véritable histoire de Casse-Noisette, je vous invite à le lire. Bonne lecture !

Le Violon de Crémone

 

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En cherchant le sens profond de ce conte dans lequel je me sentais perdue, je suis tombée sur le genre de question que l’on pourrait poser à des collégiens qui liraient Hoffmann. Cette aventure sur la Toile me rappela mes douloureuses années en faculté de Lettres où nous découpions les œuvres, torturions les vers, saccagions les sonnets, effacions toute beauté des mots, confondions chirurgie et plaisir de la Lecture. J’ai mis longtemps avant de pouvoir L I R E. Pendant de nombreuses années, je n’ai pas L U j’ai D E C O R T I Q U é . J’ai massacré des pages et des pages pour le plaisir de Sauvages qui se veulent être Professeur. Quel est l’intérêt des questions que l’on nous pose ? Parfois ils aiguisent notre attention, nous permettent de créer des liens entre les œuvres, nous tirer un sourire quand on comprendre comment l’auteur à réussi à nous amener à tel endroit ; parfois ils meurtrissent nos yeux, ils nous couvrent du voile absurde de la Science des Lettres, ils taillent à grands coups de scalpel des textes magnifiques pour nous les faire ingurgiter en attendant fermement qu’ils ne nous ressortent pas par grands jets de vomis littéraire mais dans de savantes dissertations scolaires sans âme.

Cette digression est bien malvenue pour vous parler de ce conte. Ce propos conviendrait d’ailleurs à n’importe quel livre. Le Violon de Crémone est une histoire de passion et de possession; de volonté de protéger, de vivre heureux « vivons cachés » et de la douloureuse et étrange maladie d’un cœur aimant mais tourmenté. Je n’ai pas réussi à percer le mystère de la mort d’Antonie, ni à apprécier les allers-retours présent-passé, je n’ai donc pas du tout accroché. Peut-être qu’avec une autre version j’adhérerai davantage ? Avez-vous lu celle-ci ?

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Les mines de Falun

 

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J’ai particulièrement aimé cette nouvelle entourée d’une aura mystérieuse, comme s’il s’agissait d’une véritable légende ! C’est l’Histoire d’un Amour qui perdure au-delà de la disparition, de deux cœurs reliés par l’immense Alchimie de la Passion ! J’aime ces histoires dingues où la Vie et la Mort se jouent complètement des règles et laissent entretenir à deux amants fous amoureux une relation d’attachement et de dévouement qui ne connaît aucune limite ! J’aime à penser que jamais rien ne peut séparer deux cœurs qui se sont voué un amour ! Bref si vous êtes aussi fleur bleue que moi ( 😀 ) ( non c’est pas vrai je ne suis pas tout le temps fleur bleue en réalité ) ; je vous le conseille ! (Quelques notes des gens qui ont visité les mines ICI – ça va avec la photo ci-dessus d’une Guide qui est justement DANS les mines de Falun en Suède)

Il restait bien encore quelques contes à vous présenter mais je trouve l’article déjà assez long (et indigeste même si ce n’était pas mon intention). L’Homme au Sable fait partie des contes que je lis pour mon Auto-Challenge  » Avant les Robots  » 

Contes – Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

Appel à témoins : « Avant les robots »

Bonjour à tous 🙂

Il y a quelque temps déjà, je m’étais interrogée sur un éventuel travail de comparaison sur quelques livres qui précèdent l’avènement de la SF orientée « robotique, intelligence artificielle ». Je ne suis pas du tout une spécialiste en la matière, et je ne veux pas me lancer à corps perdu dans la littérature du XXème avec Asimov entre autre.

Je recherche ce qui a précédé cette passion, cette curiosité, envers la robotique. Ce que je n’appellerai pas mon « Challenge personnel » mais plutôt mon « Etude curieuse » s’oriente donc sur les livres qui ont exploré cette fascination pour former l’enveloppe d’un être artificiel à l’image d’un corps humain avant 1950. Je pousserai même par curiosité aux livres qui évoquent les expériences faites par des « savants un peu fous » comme pour l’oeuvre de G.H. Wells.

Voici une liste que j’ai commencée à élaborer et que j’aimerai compléter avec votre aide :

– Pygmalion, in Les Métamorphoses d’Ovide
– Prométhée, in L’Illiade d’Homère
– Mythe du Golem, in La Bible
– Les automates,
E.T.A. Hoffman, 1814
x L’Homme au Sable, E.T.A. Hoffmann, 1817
x Frankenstein ou le Prométhée moderne, Mary Shelley, 1818
La Vénus d’Ille, Prosper Mérimée, 1837
L’homme qui était refait, E.A. Poe, 1839
Le chef d’oeuvre inconnu, Balzac, 1846
L’ombre, Andersen, 1847
Avatar, Théophile Gautier, 1857
Le major Whittington, Charles Barbara, 1858
The steam man of the prairies, Edward S. Ellis, 1868
L’automate, Ralph Schropp, 1878
L’homme le plus doué du monde, E.P. Mitchell, 1879
x Pinocchio, Carlo Collodi, 1881
– L’Ève future, L’isle Adam, 1886
La manufacture d’homme, O. Panizza, 1890
x L’Île du docteur Moreau, G.H. Wells, 1896
Poupées électriques, F.T. Marinetti, 1909 (et autres oeuvres sans doute à découvrir !)
L’Arrêt de la machine, Edward Morgan Forster, 1909
– Le maître de Moxon, Ambrose Bierce, 1910
– Le Golem, Gustav Meyrick, 1915
x R.U.R. (Rossums’s Universal Robots), Karel Capek, 1920
Metropolis, Thea von Harbou, 1926 (vu récemment à l’Auditorium de Lyon : c’était EXTRA !)
Automata 1 à 3, Sydney Fowler Wright, 1929
Le ciel est mort, John W Campbell, 1948

(Certains de ces ouvrages seront lus dans Robot Erectus de Jean Claude Heudin)

Qu’en dites-vous ?

Que me suggérez-vous de plus ?

Appel à témoins : « Avant les robots »