Son parfum d’avalanche, Dominique Paquet

Des bocaux de verre remplis de verre cassé

 

Je voudrais commencer la présentation de cette pièce de théâtre par l’oeuvre d’une plasticienne qui a fait jaillir l’idée de Son parfum d’avalanche. Voici des bocaux. A l’intérieur, des plaques de verre prisonnières, brisées, qui était au départ une plaque sur laquelle était gravée une histoire. Je vous laisse admirer et y donner le sens que votre sensibilité vous permet de donner. Et je vous invite à découvrir sur son site Betsie Pequignot, que j’ai eu la chance de rencontrer il y a bien des années déjà.

https://i1.wp.com/www.sphericemotion.com/typo3temp/pics/5e9ff47ab8.jpg

 

Parce qu’une poésie plastique fait écho pour moi à la poésie du corps, je vous invite aussi à découvrir quelques photos des chorégraphies – bulle réalisées par Spheric E-motion. Des rencontres à un, à deux, à plusieurs, des danses qui ondulent corps à la fois prisonniers et libres, des yeux qui se touchent sans jamais que les mains ne le puissent.

Trois poésies qui prennent les contours de trois enfants. Il y a Tyrse et Ezir, deux oeuvres encore inachevées qui cohabitent dans un lieu presque indéfini, perdus et pourtant au chaud sur un fond de montagnes alpines. Et il y a cette bulle vide ; l’autre enfant vient de sortir. A-t-il rejoint des parents ? Les enfants qui restent là découvrent avec tous les yeux qu’ils peuvent expérimenter le Monde extérieur qu’ils ne voient pas. Ce sont des sensations tactiles, olfactives ou encore auditives. Il y a les échanges entre eux, comme deux histoires qui se rencontrent, se croisent un jour et finissent par s’abandonner – plus riche de l’expérience brève et intense partagée à deux. C’est notre histoire à nous, qui croisons tant de visages, certains qui se collent à nous par un lien barbare (la famille), d’autres que l’on choisit d’essayer (les amis), d’autres qui s’imposent et qu’on peut subir ou vivre pleinement. C’est notre histoire, milliers de morceaux rassemblés dans notre bulle, fragments des rencontres, joies et traumatismes passés, qui s’agglutinent, se serrent, se font mal mais vivent ensemble.

Il y a Azou, qui arrive, qui chamboule tout. L’Amour qui naît ne la rencontre, les sentiments bouleversés, les projets, les souvenirs, l’avenir, le passé, on n’est jamais un – on est le résultat de tout ce qui nous touche – on n’est jamais deux – il y a toujours le monde qui nous entoure et qui change sans cesse. Elle arrive avec ses propres fragments, sa poésie, Tyrse en prend et en laisse, Ezir voudrait. Ils sont tous les trois différents et tous les trois dépendent les uns des autres, ils vivent une histoire brève et intense, et quand l’heure du départ sonne pour l’un deux, l’univers de ceux qui restent est déstabilisé, des vérités dévoilées, il faudra apprendre à vivre sans l’autre.

C’est l’histoire humaine, l’histoire de la création. Quand j’en parle, je pense aux mondes qui naissent dans nos têtes et qui meurent ou prennent vie sous nos clavier. Quand j’en parle, je pense à ces enfants qui ont fait de Tyrse Ezir et Azou en une seule journée des bébés oiseaux, puis des enfants, puis des nourissons dans la couveuse pour terminer en foetus qui ressentent pour la toute première fois le monde dans leur « bulle » J’aime cette oeuvre pour la pluralité des lectures qu’elle offre et l’imagination qu’elle permet aux plus petits.

Bonne lecture à tous

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