La nuit des enfants rois, Bernard Lenteric

C’était dans le train, la première fois. Avec curiosité, je m’étais plongée quelques jours avant dans la bibliothèque de mon conjoint. Il y avait alors pleins de livres à la tranche argentée (SF) et puis quelques autres. Dont lui. Je l’ai pris, j’ai lu la quatrième, et puis j’ai demandé « Ca parle de quoi en fait ? » A sa mine, j’aurais dû me douter qu’il fallait avoir plus que le cœur bien accroché. Deux heures aller, deux heures retour. Les yeux écarquillés, je me suis arrêtée au beau milieu du livre. Effroyable. Oui, terrifiant. Un sentiment d’horreur me gagne. C’est puissant, ça prend aux tripes et ça vous tord dans tous les sens. Il n’y a plus de bruit autour de vous et vous êtes scotché aux mots qui défilent sous vos yeux. Violence. Et puis j’ai refermé le livre, et c’est un sentiment gênant qui subsiste. Incommodant. Dérangeant. Interrogeant.

Alors quand on a lancé quelques années plus tard l’animation, je me suis demandée comment ils avaient bien pu rendre cette esthétique sombre et poignante. Mis à part le fait – bien qu’il ne soit d’ailleurs pas mineur et pourrait rendre l’adaptation détestable – qu’on invente de supers pouvoirs aux enfants au lieu de célébrer leur génie intellectuel, ce que l’auteur avait d’ailleurs placé au cœur de son ouvrage, la poésie de l’atrocité a inspiré le génie des animateurs/dessinateurs. La scène de viol et de violence résonne dans une chorégraphie étrange, malsaine, et vibrante. Je pense que la façon dont a été animée le script est subtile et rend compte de l’impression étrange que laisse à son lecteur le livre même si – comme je le disais plus tôt – il est regrettable d’avoir transformé les personnages, leurs compétences, et de les avoir réduits à des pseudos super héros pleins de pouvoirs magiques stupides. Il faut chercher autre chose quand on le regarde pour pouvoir retrouver les sentiments laissés par la lecture.

Chaussez vos lunettes, installez-vous dans un fauteuil, et préparez-vous à l’indicible. Bonne lecture. Et bon visionnage si malgré la critique ci-dessus vous êtes quand même tentés d’aller y jeter un œil.

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La nuit des enfants rois, Bernard Lenteric

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