La Contrescarpe – C. Sanejouand

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La Contrescarpe…

… petit livre, pas bien épais, rangé parmi tant d’autres dans les rayons jeunesse de la bibliothèque. Il était si fin que j’ai failli le manquer ! Et puis un nom – celui de l’auteur – m’a interpellée. Je tire la couverture et entend ce petit bruit plastique que font les livres couverts et trop serrés sur les étagères. Je relis le nom.

Oui c’est bien elle.

Elle c’est un professeur passionné que j’ai eu la chance de connaître en préparant le concours de prof des écoles. Elle animait les séances de Littérature de Jeunesse et partageait sa passion pour les livres, les contes, le Petit Chaperon Rouge et autres joyeusetés toujours dans la bonne humeur !

Je pense un instant à elle, à ses cours, à son aide dans ma préparation au concours, ses conseils, sa voix, et j’entre-ouvre le livre.

Sa voix.

C’est comme si elle me lisait le livre.

Je saute à la quatrième de couverture et je lis. Je lis un résumé peu engageant, de la part de l’éditeur :

Un matin, au petit déjeuner, Coline décide de se taire, de ne plus ouvrir la bouche. C’est le seul moyen qu’elle a trouvé pour briser le silence de ses parents. Car, avant sa naissance, il y a eu une autre fille, Violaine, belle, intelligente, vive, bonne élève… Elle est morte accidentellement. Et Coline est née, avec l’impression d’être incapable d’égaler une sœur aînée qu’elle n’a jamais connue. Quel est ce secret au sujet de la mort de Violaine ? Quel rôle a joué Anne, la sœur cadette de sa mère ? Et pourquoi ne se voient-elles plus ?… Autant de questions dont Coline exige les réponses, à sa manière.

Ca ne vous donne pas vraiment envie de le lire, n’est-ce pas ? On vous donne la fin du livre (si vous ne l’avez pas compris, à la première hypothèse vous y serez) et en plus on vous baratine une explication psychologique sur le mutisme plutôt que de vous inviter à vous laisser transporter par la poésie du silence !

J’ai quand même pris le livre. Je l’ai lu. Ou plutôt, c’est la voix de l’auteure qui me l’a lu et moi je tournai les pages. J’ai découvert cette petite fille, Coline, j’ai perdu ma voix avec elle d’ailleurs. Plus j’avançais dans la lecture, plus je ressentais les émotions et la peine qu’elle éprouvait à émettre un son. Je me suis même surprise quand – interrompue dans ma lecture – j’ai pris la parole.

Et quand j’ai terminé la lecture, que mon professeur s’est tu, j’ai relevé la tête et j’ai éprouvé une sensation étrange de complicité. C’était…magique !

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