Héptaméron

 

5 hommes, 5 femmes, 7 jours, coupés du reste du monde, à ne parler que d’Amour, de Sexe et d’Honneur.

Chaque jour commence par une citation et  chacun y va de sa petite anecdote au cours de laquelle on trouve la Femme, toujours malicieuse et fidèle à son Amour et à son Honneur ; où l’Homme est parfois fou d’Amour, parfois bestial, parfois stupide ; où les prêtres sont débauchés et font parler d’eux. Non vous n’êtes pas dans une téléréalité mais avec Marguerite de Navarre au XVIème siècle. Ça, vous ne vous y attendiez pas, hein ?

Heptaméron, c’est son nom. Au départ, la petite troupe – qui ne va pas sans rappeler celle du Décaméron (l’auteure frappe plus fort en sélectionnant parmi les candidats autant de femmes que d’hommes !) – devait être coupée du monde dix à douze jours en attendant qu’un pont soit construit. Mais finalement l’œuvre rapporte sept jours puisque la Reine est morte avant d’avoir pu achever son œuvre. Au cours de cette semaine d’isolement, au lieu de céder à la panique ou à la luxure, chacun ira de se petite histoire coquine, curieuse, subtile et infiniment croustillante de détails sur les Amours « véritables » de connaissances plus ou moins lointaines des participants à l’aventure.

On s’y trompe, on s’y aime, on se venge, on y tue, on y viole, on y épouse, on y vit. On est parfois surpris par la passion, par la violence. Les femmes parlent et manigancent, elles sont fortes et objets d’amour à la fois. Bien plus consistantes que dans les rôles secondaires qui souvent leur ont été attribués à cette époque, c’est sous la plume de Marguerite qu’elles s’émancipent ! Elles échappent à la perte de leur honneur, quitte à se battre jusqu’à la mort – qu’elles arrivent au Ciel encore pures et que seul leur corps sans vie soit souillé. Une histoire, plus amusante, me plaît particulièrement.

C’est l’histoire d’un homme qui veut coucher avec la servante de sa femme. La servante aime sa maîtresse et lui dit qu’elle a rendez-vous avec son mari dans la nuit, dans la penderie, dans le noir pour leur petite affaire. La femme, plus maligne qu’accablée, quitte son anneau et le confie à sa bonne. La nuit venue, elle se cache dans la penderie et couche avec son mari qui pense la tromper. Lui, fier de son entreprise, raconte son aventure à son ami et lui dit qu’il pouvait s’amuser à son tour maintenant. L’ami retourne dans la petite penderie où la femme – qui vient de récupérer son anneau – se remet doucement de sa petite vengeance. Croyant que son mari revient à l’assaut, elle se retrouve dans une nouvelle partie de jambes en l’air bien plus endiablée que celles qu’elle vit d’habitude. Epuisée, elle se laisse prendre son anneau et se couche. Au petite matin, le mari voit l’anneau prit par son ami et comprend que sa Femme lui a joué un très mauvais tour. Il rapporte l’anneau, penaud, et sa femme arbore un sourire digne d’un Conquérant – « tel est pris qui croyait prendre » – et l’informe que leur deuxième coït était sensationnel. Ce n’est que longtemps après que toute l’affaire sera connue et que la femme portera très fièrement les cornes que son mari s’est lui-même fait pousser !

Alors, pour du XVIème siècle, c’est plutôt pas mal, non ? Suivant la traduction que vous trouverez la lecture sera plus ou moins difficile et le temps de s’habituer au lexique et à la syntaxe sera plus ou moins long pour vous. Je me suis replongée avec plaisir dans l’œuvre et la redécouvre avec le sourire et amusement. Qu’est-ce qu’on s’éclatait finalement à l’époque ! Doux XVIème comme j’aurais aimé te vivre…

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