Ana Non – Agustin Gomez Arcos

Ana Non, c’est la force de l’Espagne, son écorchure à vif, ses cris et ses larmes qui ne peuvent plus couler tant la douleur est forte. Ana Non c’est la poésie de la fille, la femme, la mère, la vieille que la Guerre avec son grand G a ravagé, mutilé, piétiné. Ana non c’est celle qu’on ne sera peut-être pas, ou trop bien quand on sent l’heure approcher. Ana Non c’est le corps déchiqueté des Bonheurs perdus, de l’Amour saccagé, c’est la bouche qui se tord et le ventre qui se noue, c’est des pieds fatigués mais qui continuent d’avancer. Poésie du sang qui coule et qui rappelle celui qui a été versé, c’est l’Espoir qui tient les malheureux debout quand la Terre les invite à mourir, son froid, sa sueur, sa crasse et sa maladie. Ana Non, elle, elle pourrait être un pantin bariolé qui traversait le Guernica de Picasso sans le regarder, sans ciller, lentement, fragilement, le dos courbé, mais avec une force sombre et pesante à la fois qui pèse sur ses épaules et lui lève le pied.

Je vous invite à le livre ou bien à le découvrir si vous avez la chance de pouvoir assister à sa mise en scène. Pour moi, c’est la première partie de l’histoire la plus vive et violente, celle de cette femme qui ne sait pas lire, dont les mots sont aussi hachés que les lambeaux de vie qu’elle traîne à ses pieds. Plus elle avance et plus son discours est élaboré et – pour moi – perd de son caractère. Goûtez-le, tournez peut-être le regard, mais ne le fermez pas trop vite. Appréciez-le.

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Ana Non – Agustin Gomez Arcos

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